COLLECTIF POUR L'AUTONOMIE DU PEUPLE MAPUCHE ( CAPMA ) * Le CAPMA est un collectif autonome qui s'oppose radicalement à l'impérialisme, au colonialisme, au capitalisme et condamne toute forme d'exploitation, de discrimination et de domination.
A l'opinion publique belge
Comite d'appui à la lutte du Peuple Mapuche en Belgique
Email: comabe08@gmail.com
Chers Amis, Amies,
«Je vous écris depuis cette horrible et froide prison, où il n'y a ni arbres, ni fleurs, ni poésie, ni musique, ni chants. Un lieu où c'est le ciment et les barbelés qui sont les vainqueurs. C'est très difficile pour moi de vous dire ce qui m'arrive…. »
Ainsi commence une longue lettre envoyée le 14 mai depuis la prison de Rancagua par Elena Varela, cinéaste chilienne. Accusée d' «association illicite, vol à main armée, détention illégale d'armes, utilisation de vêtements officiel de police et militaire, elle est en détention préventive et le juge a demandé 6 mois d'enquête préliminaire. Dans sa lettre Elena réfute toutes ces accusations et demande à l'autorité la dévolution de son matériel artistique.
Autre, Elena Varela, six personnes ont été arrêtés pour être interrogées par le juge de Rancagua, trois autres qui étaient en contact avec le Coordination (Mapuche) Arauco Malleco furent arrêtés aussi: Sergio Reyes, Jorge Pineda, Leticia Cardenas, Kenny Sanchez, Flor Dominguez , toutes accusées de un « vol avec meurtre, d'une banque au sud du Chili, pendant l'année 2005».
Elena Varela, est cinéaste documentaliste, elle a fondé « l'Orchestre Symphonique Infantile de Panguipulli», elle a fondé la «Ojo film production», était la responsable culturelle de Pucon, elle a participé au Conseil de la Culture et au Conseil du Fond National Audio-visuel Chilien. Une personne qui a consacrée presque dix ans de sa vie à la culture, à l'art et l'éducation des plus démunis, il s'avère impossible qu'elle soit mêlée à des activités soi disant illégales comme les médias chiliens veulent nous faire croire.
En tant que cinéaste documentaliste, Elena et son équipe ont toujours privilégié le travail de mémoire historique des mouvements sociaux qui ont souffert des violations dans leurs droits fondamentaux. Ainsi le film «Los suenos del Comandante», nous parle du mouvement social paysan massacré par la dictature, puis la renaissance de la «guerrilla » au même endroit, Neltume, dirigé par le MIR.
Son dernier film, Newen Mapuche, financé par des ressources d'état allouées par le FONDART (Institution d'état qui appuie la création artistique et culturelle NDT), aborde le conflit mapuche en Araucanie. Sa production et post production ont reçu une donation de 52 millions de pesos du fond de développement audiovisuel du Conseil National de la Culture et des arts. Le travail présente les mapuches qui ont récupéré leurs terres depuis les années 90 et qui subissent la loi intérieure de Sécurité de l'Etat.
Lors de la perquisition du domicile d'Elena Varela et bureaux de la «Ojo Film», tout le matériel audio-visuel fut saisi par la police: les témoignages, les scènes filmées, les scénarios,livres, etc. On craint que le travail des années de compilation de la mémoire historique et des scènes du dernier film de Elena Varela soit perdu à jamais. En plus le matériel, tels que, armes de jouet, déguisement de policiers et autres sont utilisés comme preuve de l'action « terroriste » de Elena Varela.
L'Association de Cinéaste Documentalistes, les travailleurs d'audio-visuel, et du cinéma de l'Araucanie (sud du Chili) ont manifesté sa solidarité avec la cinéaste, « nous sommes préoccupés par le futur d'Elena, parce que tant le gouvernement que les medias ont condamné à priori la réalisatrice. Il est important de rappeler que les charges qui lui sont imputées sont l'objet d'une enquête et doivent être jugées sérieusement et sans « a priori …….Il nous semble que ce sont des commentaires superficiels et sans fondements, développent la confusion dans l'opinion publique…. Enfin nous voulons exprimer notre inquiétude pour le devenir du matériel qu'Elena a enregistré jusqu'à maintenant et qui correspond à une œuvre audiovisuelle en cours et doit être respectée comme telle , parce que son contenu fait partie du patrimoine de tout le Chili et présente des opinions et croyances de représentant du peuple mapuche qui ne peuvent pas s'exprimer dans les medias de communication du notre pays» (voir: http://grossman077.spaces.live.com/Blog/)
Le cas de Elena Varela, n'est pas le seul, déjà deux cinéastes français avaient, le 17 mars,été détenu ( Christopher Cyril Harrisson, Joffrey Paul Rossi), et encore le 3 mai, deux journalistes italiens Giuseppe Gabriela et Dario Ioseffi, furent arrêtés. Tout le matériel audio-visuel filmé, les archives et documents furent réquisitionnés par la police. Ces journalistes, étaient en train de filmer les manifestation des mapuches contre les entreprises forestières et /ou leur mobilisation sur des terres revendiquées par les mapuches.( voir :http://www.observatorio.cl)
Face aux atteints répétés des droits de l'homme au Chili, nous dénonçons fermement l'arrestation de la réalisatrice Elena Varela et nous demandons au gouvernement chilien, le respect de la présomption d'innocence, la libération préventive et la restitution du matériel audio-visuel, afin de sauver ainsi l'œuvre qui fait partie du patrimoine culturel chilien.
Comite d'appui à la lutte du Peuple Mapuche en Belgique