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COLLECTIF POUR L'AUTONOMIE DU PEUPLE MAPUCHE ( CAPMA ) * Le CAPMA est un collectif autonome qui s'oppose radicalement à l'impérialisme, au colonialisme, au capitalisme et condamne toute forme d'exploitation, de discrimination et de domination.

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Chroniques d'un État policier et discriminatoire

SOLIDARITÉ AVEC LE PEUPLE MAPUCHE
LIBERTÉ POUR LES PRISONNIERS POLITIQUES MAPUCHE
LIBERTÉ POUR ELENA VARELA

Chroniques d'un État policier et discriminatoire

La Présidente du Chili, Michelle Bachelet, est actuellement en visite officielle à Paris.

À cette occasion, nos comités et associations de défense des droits de l'homme et des peuples indigènes souhaitent informer l'opinion qu'au lendemain de la visite au Chili, début avril, de M. James ANAYA, rapporteur des Nations Unies sur la situation des Droits de l'Homme et des Libertés fondamentales des Peuples Indigènes, de violentes perquisitions ont été menées par les forces spéciales policières dans plusieurs communautés mapuche au sud du Chili. D'importantes rafles ont été menées simultanément dans différentes villes de la région ainsi qu'à Santiago entraînant l'arrestation et la mise en détention provisoire de plusieurs dizaines de Mapuche.

À ce jour, 50 Mapuche sont emprisonnés, 15 sont assignés à résidence sous contrôle judiciaire en attente de leur procès. 3 sont réfugiés, l'une en Suisse, les deux autres en Argentine. 6 militants chiliens solidaires de la cause mapuche sont assignés à résidence, en attente de leur procès.

En début d'année, l'avocat Lorenzo Morales, a eu son domicile perquisitionné ainsi que celui de sa mère 24 heures avant la tenue du procès du Lonko Avelino Meñaco, dont il assurait la défense.

Mais la répression au Chili s'étend aussi à ceux qui s'intéressent ou se solidarisent à la cause mapuche. Deux jeunes cinéastes français ont été arrêtés sans motif, le 20 mars 2008, puis détenus au commissariat de Collipulli et leur matériel audiovisuel saisi. Le 7 mai suivant, deux reporters italiens se sont fait expulser du pays après avoir réalisé un reportage dans une propriété de l'entreprise forestière Mininco. Le même jour, la documentariste chilienne Elena Varela, après avoir eu sa maison longuement perquisitionnée et son matériel cinématographique et documentaire confisqué, a été arrêtée et mise en détention préventive. Elle a subi de longs interrogatoires accompagnés de menaces graves envers son entourage et sa fille. Mise en liberté provisoire en août dernier, son procès aura lieu le 5 juin prochain. Un montage politico-judiciaire a permis au Procureur du tribunal de Rancagua  de requérir contre elle une condamnation de 15 ans de prison.

Dimanche 17 mai, Marcelo Garay, journaliste de « La Nacion », membre de l'Association Nationale des journalistes du Chili, a été interpellé et son matériel saisi alors qu'il photographiait un édifice privé. Le même jour, une centaine de gendarmes lourdement armés ont encerclé la maison du journaliste Jorge Fernando Serey Baeza, une dizaine d'entre eux ont pénétré, sans mandat, dans sa maison qu'ils ont perquisitionnée deux heures durant. Les deux journalistes ont depuis déposé une plainte auprès de la Cour d'Appel de Temuco. Il faut signaler qu'à plusieurs reprises, ces dernières années, des avocats de dirigeants mapuche ont fait l'objet d'écoutes téléphoniques, de menaces et de perquisitions.

Il s'agit là d'une véritable persécution de la part de l'Etat chilien qui n'hésite pas à continuer d'appliquer la loi dite « antiterroriste », mise en place par Pinochet à l'encontre des opposants à la dictature, et appliquée à présent aux membres des communautés mapuche qui revendiquent leurs terres usurpées par l'Etat, les colons et les entreprises forestières multinationales. La Présidente Michelle Bachelet avait promis  que cette loi ne serait pas appliquée durant son mandat. Nous dénonçons la « POLITIQUE RACISTE ET COLONIALE »  de l'État chilien à l'encontre des communautés indigènes. Nous dénonçons l'ÉTAT POLICIER qui criminalise le peuple Mapuche et tous ceux et celles qui soutiennent ses revendications.

Rappelons aussi qu'il reste encore aujourd'hui des Chiliens qui ne sont pas autorisés à retourner au Chili. Il s'agit d'anciens résistants, d'anciens prisonniers politiques évadés des  prisons de la dictature, des prisonniers condamnés à de longues peines d'exil et des réfugiés politiques résidant dans différents pays d'Amérique Latine et d'Europe. Nous dénonçons cette violation d'un droit humain essentiel et nous exigeons du gouvernement chilien le respect et l'application de normes internationales en la matière pour mettre fin à cet exil forcé et reconnaître enfin leur droit d'entrer et de vivre au Chili.


Signataires de l'appel :
Apatapela (Marseille), Collectif pour les Droits de l'Homme au Chili (Paris), Colores Latino (Lille), CSIA Nitassinan (Paris), Cordillera (Villeneuve d'Ascq), MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples, Paris), Nuevo Concepto Latino (Fontenay-sous-Bois), Org. Kakiñe (Paris), Pueblo (Paris), Réseau d'Information et de Soutien au Peuple Mapuche (Paris), Terre et Liberté pour Arauco (Arcueil), Association Culturelle Mapuche (Gotenbourg, Suède), Comité Mapuche Belgique (Bruxelles), Comité de Travailleurs Exilés Chiliens (Toscane, Italie), Wenuycan, Amitié avec le Peuple Mapuche (Côme, Italie),


Paris, 29 mai 2009, Place du Palais Royal, manifestation de soutien au Peuple Mapuche
et pour une véritable démocratie au Chili.

QUESTIONS POSÉES PAR L'ADHÉSION DU CHILI À L'OCDE

Lors de sa visite en France, la Présidente du Chili, Michelle Bachelet, va se rendre à l'OCDE où elle participera à une réunion avec M. Angel Gurria, secrétaire général de l'Organisation, à laquelle le Chili veut adhérer.
L'Organisation pour la Coopération et le Développement Economique (OCDE) a été fondée le 14 décembre 1960 pour remplacer l'OECE née après la guerre, en 1948, dans le but d'accompagner le plan Marshall et de favoriser la reconstruction de l'Europe. Les 30 Etats membres qui la composent représentent les trois quarts de la richesse mondiale. Cinq Etats sont actuellement en attente de leur adhésion : la Russie, la Slovénie, l'Estonie, le Chili et Israël. Pour y adhérer, l'OCDE exige que les Etats membres soient attachés aux principes de la démocratie et de l'économie de marché.
Concernant l'économie de marché, le Chili essaye de  remplir la première des conditions exigées par l'OCDE. Mais, la recherche persistante d'une « forte croissance économique », ainsi que la prétention démesurée pour incorporer le Chili dans le « Club des Grands » (OCDE, Accord de libre-échange de l'Amérique du Nord [ALENA], entre autres) et l'obligation de se conformer aux conditions draconiennes exigées pour son admission ont provoqué de sérieux ravages dans la société chilienne. La future adhésion du Chili à l'OCDE ne fera que renforcer assurément le modèle néolibéral mis en place depuis la dictature. Ce modèle est une source d'inégalités et a permis l'expropriation des terres et des ressources naturelles hydriques, forestières, du sol, des ressources minières, du littoral, entraînant la destruction de sources de travail et de graves conséquences pour l'environnement.
En ce qui concerne le respect de la démocratie, des droits de l'homme et des normes de protection de l'environnement, il reste beaucoup à faire au Chili, sachant que la Constitution de la dictature militaire est toujours en vigueur depuis 1980. En 18 ans de gouvernement de la Concertation, rien n'a été fait pour donner au peuple chilien une nouvelle Constitution réellement démocratique.
Le mardi 12 mai dernier, durant le débat de l'Examen Périodique Universal (EPU) aux Nations Unies, l'ambassadeur du Chili à Genève, M. Carlos Portales, a lui-même reconnu et accepté les recommandations du Comité Contre la Torture des Nations Unies  parmi lesquelles :

  • la réouverture de la Commission sur le statut de Prisonnier Politique et la Torture (réparation et indemnisation des victimes et de leurs familles) ;
  • l'abrogation du décret-loi d'amnistie promulgué par la dictature militaire ;
  • la réforme du Code de Justice militaire pour limiter la compétence des tribunaux militaires qui jusqu'à ce jour peuvent juger des civils ;
  • l'élimination du principe de l'obéissance due aux supérieurs, inscrit dans le Code militaire ;
  • la réforme de la législation concernant le contrôle des forces policières.

Le Comité est préoccupé par les nombreuses violations commises par les forces de police contre des peuples indigènes  auxquels la justice applique la loi anti-terroriste. Il demande que des enquêtes effectives et transparentes soient menées sur les violations commises et que les policiers responsables de ces violations soient jugés et sanctionnés.
Le gouvernement chilien une fois de plus s'est engagé à suivre ces recommandations, mais il faut remarquer que ces observations ont été déjà faites par les Nations Unies et d'autres institutions internationales et nationales depuis longtemps. Est-ce que l'entrée dans la zone OCDE permettrait un changement de situation ? Malgré des avances arrachées durement aux autorités, l'expérience de toutes ces dernières années nous rend sceptiques.
Ce sont des conditions pour le plein exercice des Droits de l'Homme et un autre modèle de développement qu'il faut pour garantir au Chili une démocratie réelle, de la dignité, de la justice sociale, de la solidarité et de l'égalité.

 

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