COLLECTIF POUR L'AUTONOMIE DU PEUPLE MAPUCHE ( CAPMA ) * Le CAPMA est un collectif autonome qui s'oppose radicalement à l'impérialisme, au colonialisme, au capitalisme et condamne toute forme d'exploitation, de discrimination et de domination.

Nous avons reçu le communiqué suivant en provenance du Comité de soutien à Tyendinaga, qui présente les plus récents développements dans le dossier de Shawn Brant -- ce militant de la nation mohawk que l'État canadien souhaite faire taire. Pour plus d'information sur la persécution de Shawn Brant, (http://www.ocap.ca/supporttmt.html).
Vendredi le 12 octobre, Shawn Brant a comparu de nouveau devant le tribunal, dans le cadre d'une audience visant à fixer le calendrier des prochaines étapes du procès auquel il devra bientôt se soumettre.
Libéré à la fin août après avoir séjourné plus de deux mois en prison, Shawn fait maintenant face à neuf accusations relativement aux blocus routiers qui ont eu lieu respectivement en avril et le 29 juin, dans le cadre de la journée nationale de protestation des peuples autochtones. Parmi elles, on retrouve pas moins de six accusations de "méfait", pour lesquelles la Couronne a choisi de procéder par la voie d'une mise en accusation directe -- une procédure exceptionnelle qui court-circuite la tenue d'une enquête préliminaire.
Le procureur de la Couronne, Robert Morrison, a profité de la récente comparution de Shawn Brant pour annoncer que la poursuite allait requérir l'imposition d'une sentence minimale de deux années d'emprisonnement pour chaque accusation de méfait, pour un total cumulatif de 12 ans.
La date du procès a été fixée au mois de janvier 2009. D'ici là, Shawn Brant devra se conformer aux mêmes conditions de remise en liberté qui lui ont déjà été imposées, à savoir le respect d'un couvre-feu, l'interdiction de quitter le territoire ontarien et l'interdiction de participer à quelque protestation que ce soit.
Entre-temps, la lutte des Mohawks de Tyendinaga se poursuit pour récupérer le territoire connu sous le nom de "Culbertson Tract" et reprendre le contrôle de la fameuse carrière de gravier, qu'ils et elles occupent depuis la mi-mars; ces revendications sont d'ailleurs au cœur des actions réalisées par les Mohawks au cours des derniers mois. Les membres de la communauté de Tyendinaga ont établi une présence permanente à l'endroit où cette carrière était autrefois exploitée; des douzaines de remorques y sont désormais installées pour héberger les familles qui ont choisi d'y vivre en permanence. Les occupantes et occupants sont d'ailleurs en train de se préparer à y passer l'hiver.
La sévérité de la peine que la Couronne souhaite ouvertement obtenir, alors même que le procès de Shawn Brant n'est même pas encore commencé, montre bien la volonté de l'État canadien de punir les membres des premières nations qui osent lutter pour défendre leurs territoires et leurs communautés.
En ciblant Shawn Brant, les autorités coloniales n'ont d'autre plan que celui d'écraser la résistance des premières nations. La communauté de Tyendinaga, dont il fait partie, travaille depuis déjà longtemps à développer son autosuffisance économique et à se gouverner elle-même; elle a d'ailleurs procédé à la remise sur pied d'une "maison longue" (ou longhouse) -- une forme d'organisation liée au mode de gouvernance traditionnel des nations iroquoises). Ce faisant, elle est devenue une épine dans le pied de l'État canadien et un obstacle à ses projets d'oppression et de génocide.
L'imposition éventuelle d'une sentence de 12 années de prison contre Shawn Brant ne vise pas tant à le punir personnellement pour les actions du printemps et de l'été 2007, qu'à envoyer un message fort aux membres des premières nations qui refusent d'accepter l'exploitation de leurs territoires et de leurs ressources et qui n'en peuvent plus de voir leurs communautés s'enfoncer dans la misère.
L'exemplarité de la peine requise contre Shawn Brant reflète les inquiétudes de l'État canadien, qui craint que la résistance des premières nations se poursuive et prenne de l'ampleur. Nul doute qu'une résistance accrue de leur part finira par amener le reste de la population du pays à réaliser que les crimes de longue date qui ont été commis contre les Mohawks de Tyendinaga et contre l'ensemble des communautés des premières nations, doivent être punis et faire l'objet d'une réparation.
[Bien qu'au moins deux avocats se soient engagés à assurer gratuitement la défense de Shawn Brant, la tenue du procès, dont la durée est prévue pour trois ou quatre semaines, entraînera de nombreux frais extrajudiciaires. Vous pouvez y contribuer en faisant parvenir vos dons au Tyendinaga Legal Defence Fund, 10 Britain Street, Toronto, ON, M5A 1R6.]
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