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COLLECTIF POUR L'AUTONOMIE DU PEUPLE MAPUCHE ( CAPMA ) * Le CAPMA est un collectif autonome qui s'oppose radicalement à l'impérialisme, au colonialisme, au capitalisme et condamne toute forme d'exploitation, de discrimination et de domination.

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Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH)

Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH) 

Extrême préoccupation à propos de la situation de sept personnes appartenant au peuple Mapuche

31/10/2007

Chili

Lettre ouverte à Madame la Présidente de la République du Chili

Votre excellence,

La fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH) manifeste sa plus vive préoccupation à l’égard des sept personnes appartenant au peuple Mapuche qui sont aujourd’hui à leur 20e jour de grève de la faim, sans qu’il n’y ait eu aucune réponse adéquate de la part du gouvernement chilien.

Le 10 Octobre 2007, Jaime Marileo Saravia, Patricia Troncoso Robles [1], Juan Millalen Milla, Héctor Llaitul Carrillanca et José Huenchunao Mariñan [2], détenus dans la prison d Angol, ont commencé une grève de la faim liquide indéfinie afin de demander la libération de tous les prisonniers politiques Mapuche, la démilitarisation des terres revendiquées ou des zones en conflit et l’arrêt de la criminalisation et de la répression envers les communautés mapuches. Ils ont été  rejoint dans cette initiative par le lonko Ivan Llankileo Antileo, détenu dans la prison d’el Manzano, et de waikilaf Cadin Calfunao, détenu dans une prison de haute sécurité à Santiago du Chili, à près de 800 kilomètres de sa communauté.

La FIDH dénonce depuis plusieurs années la criminalisation de la mobilisation du peuple Mapuche qui revendique la récupération de ses terres ancestrales et le respect de ses droits collectifs. Aujourd’hui, une fois de plus, elle réitère sa préoccupation à l’égard de cette criminalisation qui, entre autres moyens, use abusivement de la Loi de Sécurité Intérieure de l’Etat et de la Loi Antiterroriste et qui fait manquement au respect du droit à un procès équitable (lequel droit est garanti, entre autres, par la Convention Américaine des Droits Humains (CADH) dans son article 8 et par le Pacte International de Droits Civiques et Politiques (PIDCP) dans son article 14.). Des violations de ce droit résulte le caractère arbitraire des détentions.

La FIDH appelle à une révision des sentences et à la libération des personnes condamnées arbitrairement. La FIDH appelle à un dialogue entre le gouvernement et les prisonniers. Nous rappelons également l’importance de la ratification de la Convention N° 169 de l’OIT de 1989 portant sur le Droit des Peuples Autochtones et Tribaux dans les Pays Indépendants et du respect de la Déclaration sur les Droits des Peuples Autochtones adoptée récemment par les Nations Unies.

Confiant dans votre attachement aux droits humains, très respectueusement.

Souhayr Belhassen, Presidente de la Fidh

Contact presse : Karine Appy + 33 1 43 55 14 12/             + 33 1 43 55 25 18       

[1] Monsieur Marileo Saravia et Mademoiselle Patricia Troncoso Robles ont été condamnés en 2004 avec d’autres personnes à dix ans et un jour de prison pour le supposé délit d’Incendie Terroriste du fundo Polunco Pidenco. Ils ont déjà mené une grève de la faim en 2006 pour les mêmes motifs. Sur ce point, voir l’appel de l’Observatoire (programme commun OMCT-FIDH) : Chile: sérieuse préoccupation pour la santé des prisonniers mapuches en grève de la faim à Angol, CHL 001 / 0406 / OBS 049.1, Préoccupations pour l’intégrité personnelle - grève de la faim, Chile, 12 mai 2006. Ils ont arrêté leur grève à la suite d’engagements qui n’ont pas été tenus (réformer la Loi Antiterroriste pour que soit envisagée la libération conditionnelle de ceux qui ont été condamnés sous la Loi Antiterroriste dans le contexte des revendications de terres)

[2] Messieurs Héctor Llaitul Carrillanca et José Huenchunao Mariñan ont été condamnés sous la Loi Antiterroriste. M. Huenchunao a été condamné à dix ans et un jour de prison.

[3] À ce jour, la FIDH a réalisé cinq missions sur les droits du peuple Mapuche. La dernière a été réalisée du 27 Juin au 5 juillet 2006. Elle a été suivie par la publication du rapport intitulé « Des possibilités de changement de la politique envers les peuples autochtones » (Août 2006)

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