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COLLECTIF POUR L'AUTONOMIE DU PEUPLE MAPUCHE ( CAPMA ) * Le CAPMA est un collectif autonome qui s'oppose radicalement à l'impérialisme, au colonialisme, au capitalisme et condamne toute forme d'exploitation, de discrimination et de domination.

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GRÈVE DE LA FAIM DE PRISONNIERS POLITIQUES MAPUCHE

 
La persécution politique systématique, la répression et la violation des droits humains fondamentaux exercées par l’Etat chilien à l’encontre des membres des communautés mapuche, de leurs autorités et de leurs organisations ont contraint, une fois de plus, des prisonniers politiques mapuche détenus dans différentes prisons du Chili à entamer une grève de la faim pour défendre la vie, la liberté et la justice.
 
Cinq prisonniers politiques : Jaime Marileo Saravia, Patricia Troncoso Robles, Juan Millalen Milla, Hector Llaitul Carrillanca et José Huenchunao incarcérés à la prison d’Angol ont entamé une grève de la faim indéfinie depuis le 10 octobre 2007. Se sont joints à leur action le Lonco Iván Llanquileo, détenu dans la prison d’El Manzano, à Concepcion, et Waikilaf Cadin Calfunao, incarcéré en prison de haute sécurité à Santiago du Chili, à 800 km de sa communauté. Leurs revendications sont les suivantes :
 

           La liberté de tous les prisonniers politiques mapuche

            La démilitarisation des zones en conflit dans le sud du Chili

·         La fin de la répression à l’encontre des communautés mapuche
 
Depuis le 26 octobre 2007, des organisations et des personnes, en Europe, au Canada et en Argentine, ont signé le présent communiqué et commencé d’organiser une série d’actions de solidarité en soutien aux demandes adressées au gouvernement chilien par les sept prisonniers politiques mapuche en grève de la faim. Elles ont décidé de continuer d’unir leurs efforts en solidarité avec la lutte pour la reconnaissance du droit à la libre détermination du peuple mapuche jusqu’à ce que le gouvernement chilien réponde à leurs justes revendications.
 
Tandis que le gouvernement chilien, dirigé par la Présidente Michelle Bachelet, tente d’apparaître comme un modèle en matière de droits de l’homme, la Communauté internationale dénonce énergiquement l’aggravation des violations commises à l’encontre des droits économiques, sociaux, culturels et politiques des peuples originaires et, particulièrement, la persécution politique menée contre les communautés mapuche, sous couvert du système judiciaire et des services de sécurité hautement répressifs de l’Etat chilien.
 
Les protestations et les recommandations d’organisations telles qu’Amnesty International, la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH), Human Rights Watch, l’Organisation Mondiale Contre la Torture (OMCT), et celles de plusieurs organisations du mouvement international et national de solidarité avec le peuple mapuche, ainsi que les questionnements et exigences émis par des organismes des Nations Unies tels que le Bureau du Haut Commissariat des Droits de l’Homme, le Pacte International des Droits Economiques, Sociaux et Culturels (PIDESC) et le Rapporteur Spécial Rodolfo Stavenhagen sont restés sans réponse.
 
L’Etat chilien n’a pas respecté son engagement à ratifier la Convention 169 de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) relative aux peuples indigènes et tribaux et ne manifeste aucune volonté polítitique pour mettre en application la Déclaration des Nations Unies sur les Droits des Peuples Indígènes en datedu 13 septembre 2007. Il persiste à imposer une “reconnaissance constitutionnelle” restreinte, limitée, sans consultation des peuples indigènes concernés, niant leur identité culturelle en voulant les assimiler dans une culture et un système politico-économique qui les excluent, les marginalisent et les méprisent.
 
Le droit à la libre détermination, à l’autonomie et à l’autogouvernement, ainsi que la mise à disposition de moyens pour financer leur fonctionnement autonome, stipulés dans les articles 3, 4 et 19 de la Déclaration des Nations Unies sur les Droits des Peuples Indigènes, sont ignorés par les politiques indigènes actuelles de l’Etat chilien. Contrairement aux exigences des normes internationales, les seules réponses du gouvernement chilien aux justes revendications du peuple mapuche sont la persécution, la torture, les perquisitions, la répression et la prison.
 
 
Face à cette situation, le mouvement de solidarité avec la lutte du peuple mapuche qui s’est mobilisé dans différents pays européens déclare :
 
  1. appuyer inconditionnellement les demandes des prisonniers politiques mapuche en grève de la faim ;
  2. exiger instamment du gouvernement chilien de respecter son engagement à ratifier la Convention 169 de l’OIT et de mettre en application la Déclaration des Nations Unies sur les Droits des Peuples Indigènes ;
  3. appuyer la lutte du mouvement mapuche pour sa reconstruction en tant que peuple et pour la libre détermination des peuples originaires du Chili ;
  4. rendre responsable le gouvernement du Chili et ses institutions de l’intégrité physique, de la santé et de la vie des prisonniers politiques mapuche en grève de la faim ;
  5. faire un appel aux peuples et aux organisations sociales chiliennes et internationales à soutenir la lutte et les revendications des communautés mapuche et des peuples originaires du Chili.
 
Nous souhaitons manifester à l’opinion publique chilienne et internationale notre volonté de rester attentifs et vigilants tout au long de la grève de la faim des prisonniers politiques mapuche, attentifs à l’aboutissement de leurs demandes et nous continuerons à soutenir la lutte du peuple mapuche et ses revendications de façon concertée et coordonnée.
 
Plus de 74 organisations et associations européennes et de pays des Amériques ont signé ce communiqué adressé à Mme Bachelet, présidente du Chili, le 26 octobre 2007.
 
 
Le 14 décembre, après 65 jours de grève de la faim, trois prisonniers politiques mapuche, Jaime Marileo Saravia, Juan Millalen Milla, José Huenchunao, ont suspendu leur grève de la faim, après l’annonce de la mise en place d’une table de négociation à partir du lundi 17 décembre en présence de l’évêque Mgr VIAL, en tant que médiateur, d’un représentant de chaque famille de prisonnier, d’un représentant du ministre de l’intérieur, Belisario Velasco,
 et d’une équipe juridique de soutien.
 
Patricia Troncoso Robles (La Chepa) et Hector Llaitul poursuivent à ce jour leur grève de la faim.
22 décembre 2007
Terre et Liberté pour Arauco
 
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