ASSASSINAT DU JEUNE MAPUCHE MATIAS CATRILEO QUEZADA PAR LES FORCES REPRESSIVES DE L'ETAT CHLIEN
A tous les peuples et à la société civile internationale
Nous manifestons aujourd'hui pour exprimer notre absolu dégoût devant l'assassinat du jeune étudiant Mapuche de 22 ans Matías Valentín Catrileo Quezada, perpétré par les forces spéciales de Carabineros (police militarisée chilienne) le 3 Janvier dernier, lors d'une récupération de terrain.
Nous affirmons que l'assassinat de Matias Catrileo ne peut être simplement qualifié d'usage disproportionné de la force par les corps policiers de l'Etat chilien, mais constitue plutôt un acte criminel, commis avec l'appui du gouvernement, des institutions de l'Etat et du pouvoir économique national et transnational.
L'opération policière menée le jeudi 3 janvier, qui s'est soldée par la mort de Matias Catrileo, était dès le début une mesure répressive totalement hors contexte. Les comuneros agissaient légitimement pour la défense de leurs revendications, la récupération de leurs terres et de leurs droits ancestraux - revendications et droits qui ont été niés pendant des siècles d'usurpation, de spoliation et de tentatives d'extermination.
Les manifestations en réaction à la mort de Matias Catrileo ont été durement réprimées, avec la mise en place d'un dispositif policier complètement démesuré. Nous considérons que l'attitude de l'Etat et de l'actuel gouvernement est, purement et simplement, une déclaration de guerre au peuple Mapuche.
En tant que policier, l'assassin de Matias Catrileo sera jugé par un tribunal militaire, selon le système pénal chilien hérité de la dictature. C'est à dire juge et parti.
Quelle justice pouvons-nous attendre pour Matias?
Nous voulons qu'il soit bien clair que l'assassinat de Matias Catrileo s'inscrit dans la politique de l'Etat chilien et des gouvernements successifs pour anéantir toute protestation, mouvement, mobilisation ou expression d'une lutte qui puisse mettre en danger les intérêts de ceux qui tiennent les rennes économiques du pays.
Cette mort s'ajoute a celles d' Alex Lemún, Juan Colihuín et Rodrigo Cisternas, pour ne mentionner que celles-là. On compte 56 jeunes et combattants sociaux assassinés par la police chilienne sous les gouvernements de la coalition dénommée « Concertation de Partis pour la Démocratie ». Des crimes qui nagent dans l'impunité, et qui ne seront sûrement pas les derniers.
Patricia Troncoso, prisonnière politique et combattante exemplaire du mouvement autonome Mapuche, vient d'atteindre 90 jours de grève de la faim pour exiger sa remise en et la démilitarisation des territoires mapuche ancestraux. Avec un manque total de volonté politique, une philosophie de répression et de criminalisation, et avec pour principe de faire la sourde oreille aux demandes Mapuche, l'Etat chilien est sur le point de tuer cette femme! Nous ne voulons plus de martyres!
Ainsi, nous lançons un appel a toutes les femmes, les hommes et les organisations libres pour s'unir et défendre la cause Mapuche. Nous demandons justice pour les crimes commis. Nous ne pouvons pas permettre qu'un nouveau crime reste impuni.
Pour l'assassinat de Matías Catrileo, le Carabinero Ramírez Espinoza, tout comme l'appareil politico-militaire chilien, devrait être jugé par un tribunal international. Nous ne pouvons plus permettre que continue cette situation:
Justice pour Matias Catrileo et tous les comuneros Mapuche assassinés!
Liberté immédiate et inconditionnelle, et protection de la vie de Patricia Troncoso!
Liberté à tous les prisonniers politiques Mapuche!
Démilitarisation et arrêt de la répression dans les zones de conflit et dans les territoires Mapuche!
Abrogation de la loi antiterroriste Nº 18.314, des lois répressives et des tribunaux militaires!